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«Je puis, un moment encore, écrire et dire tout cela. Mais il viendra un jour où ma main se sera éloignée de moi et, quand je lui ordonnerai d’écrire, elle écrira des mots que je n’aurai pas pensés. C’est qu’auront point les temps de la signification nouvelle ; et aucun mot ne restera plus uni à aucun autre et
tout ce qui est sens se dissipera comme un nuage
et s’écoulera comme de l’eau. En dépit de toute ma peur, je suis malgré tout comme quelqu’un que de grandes choses attendent et je me rappelle que j’avais autrefois un sentiment semblable avant de commencer à écrire. Mais, cette fois, c’est moi qui serai écrit. Je suis l’impression qui va se changer.»
Note (feutre bleue, barrée rageusement au Bic rouge) : pourquoi faut-il que je me sente proche de telles affirmations romantiques ? Un autre commentaire a été ajouté (plus tard ? au feutre noir, non barré) : Au fond écrivons-nous vraiment des mots que nous pensons ? Ne sommes-nous pas le plus souvent pensés par les mots ? Les mots m’écrivent une vie que je ne maîtrise pas…
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